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10.05.2007

Socialistes : L’exigence d’aller de l’avant

Le Parti Socialiste démarre assez mal son après-défaite, c’est un fait et c’en est presque désespérant. Les prestations télévisées de MM. Fabius et Strauss-Kahn lors de la soirée électorale ont été calamiteuses. La question n’est pas de savoir si leurs propos étaient justifiés ou non, la faute était dans les attitudes : elle ramenaient le PS deux ans en arrière, dans la détestable atmosphère du Congrès de Rennes.

Détourner l’attention sur la question idéologique (social-démocratie vs. « gauche décomplexée ») relève de la pire hypocrisie ou, pire encore, de l’aveuglement. La rénovation du PS devra être avant tout celle du fonctionnement et des comportements. Lorsqu’on entend dire les hauts responsables de ce parti qu’il faudra « analyser cette défaite » et établir les responsabilités, on a froid dans le dos tant cela est révélateur d’un état d’esprit délétère. L’analyse, elle est vite faite, elle tient en un mot : « Désunion », la responsabilité, elle, est collective. On pourrait discuter, débattre à l’infini sur qui est plus fautif que l’autre, qui a commis le plus d’impairs, cela n’avancera à rien… J’ai ma petite idée sur ces questions mais je m’abstiendrais, du moins pour l’heure, à développer le 1001ème rapport d’autopsie.

Ce qui me semble certain, en revanche, c’est que Ségolène Royal est la meilleure chance du PS, elle est la seule à avoir une crédibilité pour que ce parti puisse renouer avec les citoyens, qui n’ont aucune confiance en ceux qui privilégient les manœuvres d’appareil d’autant plus que les mêmes n’ont pas toujours spécialement brillé en termes d’éthique politique ou de cohérence avec soi-même.

La gauche c’est le vrai mouvement populaire, au sens littéral, c’est toujours par son ancrage aux « catégories populaires » que la Gauche a obtenu ses grandes victoires. Il est vital de ne jamais perdre cela de vue, sans toutefois sacrifier au populisme. Cet ancrage, Ségolène Royal est seule à l’incarner et cela est indiqué de manière assez limpide par l’analyse sociologique des votes aux deux tours du scrutin.

C’est ce mouvement qui doit être poursuivi avec plus de structuration et dans une vraie cohésion. Se replacer dans une logique de querelles et de ressentiment donnerait un coup d’arrêt à la dynamique, qui était bien là mais a manqué de souffle, et cela conduira immanquablement à une logique de défaite.

La suite du processus devra consister à consolider ce retour des classes populaires dans le giron de la gauche ; la phase suivante s’attachera à rallier ceux qu’on appelle les « bobos », qui, séduits par les sirènes de l’individualisme et insuffisamment conscients de la chance que constitue le modèle social Français, ont manqué à l’appel. Savent-ils que, si la droite aime tant à mettre en avant la fuite des jeunes diplômés vers le Royaume Uni, en réalité, le flux inverse est encore plus important, en valeur absolue et, à plus forte raison, en proportion ?C’est à travers la lecture pragmatique des réalités du pays et du monde que le PS et la gauche devront remettre à jour leur arsenal idéologique et non pas par la substitution ou le toilettage des dogmes.

L’avenir du PS n’est ni dans la social-démocratie ni dans la radicalisation, il est dans le socialisme du réel.

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